Je gardes pour moi ce qui me ronge de l'intérieur. C'est pas bien du tout. C'est même très mal. Chéri me l'a dit. M'a reproché de "mentir" quand on me demandait si ça allait...
J'ai toujours pris sur moi, "je vais bien tout va bien" puis y'a un moment ou les digues craquent. Ou l'on ne peut plus faire semblant, parce que malheureusement le moral agit sur le physique. Que ça bouffe de l'énergie. Et que là je m'écroule. Oui oui faut dire ce qui est. Physiquement je suis au bout du rouleau.
J'ai une migraine qui ne me lâche plus depuis une semaine ou presque. Je suis fatiguée du matin au soir et j'ai beau dormir, faire la grasse mat' et des nuits de plus de dix heures... rien n'y fait.
Alors je pense qu'il est grand temps de déballer mon sac. De me vider de tout le mal qui me ronge, voir si ça m'aide à le surmonter.
*Cha prend une grande aspiration*
Ma grand mère. Voilà le mal qui me ronge.
Précédemment je vous ai dit qu'elle était à l'hôpital. En réalité ce n'est pas une grande nouvelle. Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel. Cette fois ci elle a attrapé une pneumonie et refusait de voir le médecin alors mon grand père l'y a envoyée. Finalement ils ont trouvé du sang dans ses poumons et ont seulement décelés des carences... tu m'étonnes !
Ma grand mère se laisse mourir. Tout simplement. Il y a maintenant un peu plus de deux ans, elle a tenté de se suicider. Il n'y a qu'à peine plus de six mois que j'ai appris qu'il s'agissait de ça. J'étais en vacances quand j'ai appris qu'elle avait failli mourir. Puis s'en est suivi des "accidents".
Elle c'est fracturé pas mal de choses, qui font qu'il lui serait nécessaire de faire de la rééducation. Au lieu de quoi elle préfère vivre allonger dans son lit à fumer, lire et manger seulement du riz au lait... Elle n'attend qu'une chose, c'est que la fin vienne.
N'importe qui souffrirait de cette situation.
Mais il faut savoir également que ma grand mère est la seule personne de ma famille à qui je peux dire "je t'aime". La seule à qui je m'ouvre. Celle que je considérai un peu comme une mère. Celle dans les bras de qui je suis toujours aller me réfugier.
Alors j'ai mal. Mal à en mourir parfois. De ce sentiment d'abandon qu'elle fait naître en moi. A vouloir absolument partir. A me laisser seule. Tellement seule... Rien qu'à écrire ces mots j'en pleure. Je n'arrive pas à décrire avec exactitude ce que je ressens. Mais c'est une de mes plus grandes peurs : qu'on m'abandonne.
Je sais qu'elle veut mourir... qui est la plus égoïste de nous deux ? elle parce qu'elle ne pense pas à la douleur qu'elle m'inflige ? Qu'elle inflige à tout le monde qui se trouve autour d'elle ? Ou moi qui ne supporte pas l'idée qu'elle ne pense pas à moi ? Qu'elle veut me laisser seule ?
Je prends tout juste conscience qu'elle finira par y parvenir. Qu'elle va mourir. Et je ne le veux pas ... J'ai tellement mal...
De ce fait, je sais qu'en ce moment j'en demandes beaucoup à Chéri pour compenser. J'ai besoin de toi mon Prince... j'ai peur, j'ai mal, je suis perdue. Sauves moi....

3 zavis avisés:
Courage ma Cha.
je sais que c'est une période difficile. J'aurai tendance à dire que la plus égoiste des deux.. C'est toi.. quand vient le moment ou l'on ne se sent pas bien dans sa vie parfois, pour certaines personnes, l'envie de mort est inéluctable.
Mais ne vis pas ceci comme un abandon. Elle te protègera de la ou elle sera un jour, j'en suis convaincue. Et de ton coté, rappelle lui que tu es la, mais ne la juge pas.
Courage ma belle, et n'oublie pas que nous sommes la et qu'on ne t'abandonnera pas.
je t'embrasse.
Oh...
Je ne sais pas trop quoi dire dans ce genre de situation. Juste que je te souhaite plein de courage et je t'envoie tout mon soutien.
Gros gros bisous.
Je suis du même ressenti qu'Ange.
Ce n'est pas ma grand-mère dont il a s'agit, mais de ma tante. Pour des raisons certainement très différentes de ta grand-mère, elle a souhaité "partir" des années durant (elle est morte quand j'avais pas encore 18 ans, et je crois que je l'ai toujours connue suicidante).
Je ne la connaissais au final qu'assez peu, c'est donc plus par la tristesse que je voyais qu'elle infligeait au reste de sa famille (ses parents, ses soeurs = ma mère donc, parmi elles) que j'étais triste.
Et puis un jour, elle est partie. La douleur est la plus forte pour ceux qui restent, c'est un fait. C'est aussi un fait qu'il est égoiste, de vouloir garder près de soi quelqu'un qui souhaite s'en aller (dans une rupture, ou parce que cette personne souhaite couper les ponts, voire mourir), car on ne retient pas malheureusement ce qui nous dépasse.
C'est aussi égoiste de ne pas réussir à surpasser sa douleur et de s'arracher au monde, car pour soi c'est un soulagement (certainement) mais pour ceux qui restent c'est terriblement douloureux...
Je comprends donc ta douleur. Par procuration , en voyant l'état de ma mère à chaque rechute de sa soeur, j'ai eu la même : sa soeur c'était tout pour elle.
Et puis un jour elle est partie. C'était fini, et quelque part je pense que tout le monde était soulagé : plus d'inquiètude et ma tante avait enfin réussi à toucher son but : disparaitre, car "être" était insurmontable pour elle.
6 ans après (un peu plus ?) ma mère souffre toujours autant, mais je peux t'assurer qu'après l'incompréhension, la colère, le sentiment qui prime le plus est le soulagement.
J'espère néanmoins que la situation s'arrangera pour ta grand-mère, et que si ce n'est pas le cas tu aies la force nécessaire pour ne pas la juger, et pour la comprendre.
Je t'embrasse fort Cha, prends soin de toi
Lara
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